Un petit tapotement sur le poignet suffit parfois à faire picoter les doigts.
Faut-il s’inquiéter ? Le signe de Tinel du canal carpien est un test simple, mais son résultat se lit avec prudence. On voit ensemble ce qu’il veut dire, et pourquoi il ne suffit jamais à lui seul.
Signe de Tinel dans le canal carpien : ce que provoque la percussion

Vous gardez la main détendue, paume vers le haut. Le professionnel de santé tapote le poignet avec un doigt ou un petit marteau à réflexes, sur le trajet du nerf. La percussion reste légère et brève.
Le canal carpien est un passage étroit, formé par des os et des ligaments. Il abrite le nerf médian et les tendons qui permettent de fléchir les doigts. Quand le nerf est comprimé, il réagit beaucoup plus vite à la moindre stimulation.
Quand le résultat est-il considéré comme positif ?
Le signe est positif lorsque la percussion reproduit des paresthésies, autrement dit des fourmillements, des picotements ou une décharge électrique, dans les zones suivantes :
- le pouce
- l’index
- le majeur
- le côté du pouce de l’annulaire
Attention : la percussion reste légère et brève. Le signe de Tinel s’interprète dans le cadre d’un examen médical complet et ne permet pas de poser soi-même un diagnostic fiable.
Les symptômes typiques orientent le diagnostic du canal carpien
Le syndrome du canal carpien commence souvent par des fourmillements, des picotements ou un engourdissement. Ces sensations touchent les doigts irrigués par le nerf médian. La douleur peut remonter jusqu’au poignet, à la main, voire à l’avant-bras.

Ces symptômes surviennent souvent la nuit. Ils peuvent vous réveiller avec la main engourdie. Secouer la main ou bouger les doigts suffit alors souvent à retrouver une sensation normale.
Dans la journée, la gêne revient surtout quand le poignet reste plié longtemps. Elle revient aussi lors d’un geste répété. Conduire, tenir son téléphone, bricoler ou exercer certains métiers peuvent la réveiller.
Pour aider le diagnostic, le médecin va vous demander de préciser plusieurs points. Leur association compte :
- La zone exacte des fourmillements et des douleurs
- Le moment d’apparition des symptômes, notamment la nuit
- Le soulagement obtenu en bougeant ou en secouant la main
- Une éventuelle maladresse ou une baisse de force
- L’évolution des symptômes depuis leur début
Dans les formes plus avancées, les muscles situés à la base du pouce peuvent s’atrophier. Cette fonte musculaire et la perte de force sont des signes de gravité qui justifient une consultation rapide.
D’autres manœuvres peuvent compléter le signe de Tinel :
- Le signe de Phalen : vous maintenez les poignets fléchis pour voir si les symptômes apparaissent ou s’intensifient
- La compression du nerf médian : le professionnel appuie directement sur le nerf au niveau du poignet
- L’évaluation de la sensibilité et de la force : elle recherche une atteinte plus avancée du nerf
Le signe de Tinel ne confirme pas seul le canal carpien
Un signe de Tinel positif reste un indice clinique, pas une preuve suffisante. Des fourmillements provoqués par la percussion peuvent aussi apparaître dans d’autres situations touchant un nerf.
À l’inverse, un signe de Tinel négatif n’écarte pas toujours un canal carpien. L’examen peut rester normal quand la compression débute.
Plusieurs éléments renforcent en revanche l’hypothèse d’un canal carpien :
- des fourmillements dans le pouce, l’index et le majeur
- des symptômes nocturnes qui vous réveillent
- une amélioration lorsque vous secouez la main
- une reproduction des symptômes avec le signe de Tinel ou le signe de Phalen
- une diminution de la sensibilité ou de la force du pouce
D’autres causes peuvent produire des sensations proches :
- une atteinte nerveuse au niveau de l’avant-bras, du coude ou du cou
- une polyneuropathie
- certaines maladies générales
Le territoire touché et l’examen des autres nerfs permettent de les distinguer. Ils aident votre médecin à trancher.
Une douleur dans toute la main ne correspond pas au tableau typique du canal carpien. Il en va de même pour une gêne qui concerne surtout l’auriculaire, ou des symptômes qui partent du cou. Ces signes peuvent amener le médecin à chercher une autre origine ou une atteinte associée.
L’ENMG précise le diagnostic du syndrome du canal carpien
L’électroneuromyogramme, ou ENMG, mesure la conduction électrique des nerfs et l’activité électrique de certains muscles. Pour le canal carpien, il étudie surtout le fonctionnement du nerf médian au niveau du poignet.
L’examen comporte en général deux volets :
- La stimulation nerveuse : de petites électrodes envoient de brèves impulsions électriques au nerf, puis mesurent la vitesse et l’intensité de la réponse
- La détection musculaire : une fine aiguille enregistre l’activité de certains muscles au repos puis pendant leur contraction
L’ENMG étudie le fonctionnement du nerf médian au niveau du poignet. Il aide aussi à évaluer la sévérité de l’atteinte et à rechercher une compression située ailleurs.

Le compte rendu peut notamment faire apparaître un ralentissement de la conduction sensitive du nerf médian.
L’examen devient particulièrement utile lorsque les signes sont inhabituels, lorsque le diagnostic reste incertain, lorsque la compression semble importante ou lorsqu’une intervention chirurgicale est envisagée.
Dans les formes plus avancées, les muscles situés à la base du pouce peuvent s’atrophier. Cette fonte musculaire et la perte de force sont des signes de gravité qui justifient une consultation rapide.





